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La légende de Pai (moorea)

Posté par rainbowoman le 17 novembre 2010

Chant de Pai pour sa lance Rufautumu qui perça Moorea

Honoura e a rave na oe i te rau ape
I nia i to taua ra paepae ia Taraatinirau i te faa ra i Ataaroa.
A tahiri na oe i te matai ra e Maoae, ia pee te rupehu i nia te fenua Eimeo.
Potua i te rai vetea, potua te rai vetea.
Maoae te matai i tau omore ia Rufautumu no Ataaroa.
Te Teva i uta, te Teva i tai, te Teva rarirari
Te Porionuu e a hio na ia Rufautumu.
Ua fetoitoi te are o te moana,
Ua ruperupe te hupe o te moua;
Rufautumu e, Rufautumu e afai na oe i tou nei roo i nia te fenua Eimeo.
Te omore teie a Pai Tuarere no te faa ra i Ataaroa,
Te tamaiti a te Arii no Ataaroa o Ariitaua.
No oe te roo tau e amo nei,
Ei faaite raa ia i te ui amuri atu:
O Rufautumu te ioa i te omore i patia hia i Eimeo.
E ore roa te reira roo e moe e tae noatu i te hopea.
Rufautumu e, Rufautumu e,
Peipei na vau ia oe i nia i te otue TATAA;
i reira hoi au i faaineine i au i te patia raa i Eimeo.
E Pai e a vero. E Pai e a vero,
Patia na vau ia Rufautumu i nia i te moua tapu hia.
Ruru te tai o Rufautumu na nia i te tua aivi.
Tuarere i te Po , Tuarere i te Ao,
O marama nui hoi ua hee.
Te oto noa ra te vahine heipua,
Te ui rairai ua fati.
Maraetapu e, ua Tinitaua i te aito no Ataaroa.

Bulletin de la Societe des Oceaniennes no 028 de Dec. 1928 pp 170-171
( transmis par M.K.EMORY qui le tenait de Me THURET).

 

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La légende de Tohivea – Moorea

Posté par rainbowoman le 17 novembre 2010

A Moorea, dans la commune de Afareaitu, vivait  » Tenuupanai  » qui était un grand prêtre. Celui-ci, prédisait que Moorea perdrait son véritable nom  » Tainuna  » remplacé par  » Aimeho « . Il savait aussi que la plus haute montagne de son île ne s’appellerait plus  » Tohivea « .

Un jour, le Roi de la commune eut des jumeaux : dont l’aînée était une fille et le cadet un garçon.

La coutume polynésienne pour une famille royale dit que l’aîné des enfants succèdera au trône de son père. Mais cela était un choix difficile à faire pour le Roi, car sa fille était le premier enfant alors que dans la logique de la nature des coutumes l’aîné des garçons possèdera le trône.

Pour cela le Roi décida de les élever différemment.

Son fils était élevé par l’un des grands  » pi’imato  » de  » Eimeo  » le frère du Roi. Le jeune homme apprit à escalader une montagne et un secret pour embaumer les morts.

Sa fille, par contre était élevée par « Mataura  » un autre prêtre, qui lui enseigna les secrets de la télépathie et de la connaissance de la nature.

Plus les années passèrent, plus les jumeaux grandirent et plus la décision du Roi était difficile à venir puisque les jumeaux étaient tout deux héritiers. Il demanda alors au grand prêtre  » Tenuupanai  » de l’aider à trouver une solution au problème.

C’est alors que  » Tenuupanai  » lui dit :

« J’ai trouvé la solution, ô Roi ! Puisqu’ils sont nés en même temps défions-les et nous verrons qui des deux enfants deviendra votre héritier. Ils auront alors à escalader la plus haute montagne de notre île. Le premier qui y arrivera aura le trône.  »

Le Roi savait que son fils savait escalader la montagne et que ses chances de réussir étaient grandes.

Le jour du grand défi arriva, le peuple face à la montagne attendait avec impatience le départ. Deux des  » pi’imato  » du Roi fut envoyés au sommet.

Le Roi avait réuni ses enfants et dit à chacun :

 » Toi mon fils, tu escaladeras la montagne de face car tu en a l’expérience et toi ma fille, tu prendras la crête gauche.

Le premier de vos deux qui arrivera au sommet sera mon successeur. Le départ vous sera donné par vos tambours au son différent qui vous suivront et nous permettront de connaître votre position.

Quatre spécialistes de l’escalade grimperont sur les crêtes de la montagne et signaleront l’avance de chacun.  »

Le départ est finalement donné par le Roi. Chacun des enfants prirent leur chemin. La fille grimpa le côté le plus long et facile alors que celui du fils était le plus court mais dangereux et presque inaccessible.

La sœur progressa rapidement et le frère utilisa deux bois en forme de piton et progressa rapidement.mais durement

Le soleil était haut dans le ciel, il ne restait plus que la moitié à escalader.

Le jeune homme s’arrêta un moment. Devant lui petit à petit la falaise devenait lisse et raide.

La soeur, voyant son frère prendre de l’avance communiqua par télépathie avec PAÏ Elle lui demanda de lancer sa lance sur son frère.

Tenuupanai fit alors dévier la trajectoire de sa lance pour que le jeune homme ne soit pas frappé.

La lance frôla la montagne, heurta la montagne qui se trouvait derrière et la troua pour continuer sa trajectoire jusqu’à l’île de MAIO.

Le bruit de ce choc terrible provoqua un grondement de tonnerre.

Le garçon eut peur de l’énorme bruit, il perdit l’équilibre et tomba inanimé jusqu’au pied de la montagne, alorst qu’il était presque arrivé au sommet.

Le Roi et son peuple observèrent la chute du jeune homme alors la jeune fille continua à grimper jusqu’à atteindre le sommet. Elle fut donc nommée Reine.

Par ce terrible accident, le Roi proclama au peuple en regardant la montagne :  » Mon fils est mort ici alors désormais, tu ne t’appellera plus  » Mou’a Tea  » mais  » Tohi-Ea « .

Ensuite il de tourna vers la montagne percée et dit :  » Par le bruit que tu as fait tu ne t’appelleras plus  » Mou’a Muhu  » mais  » Mou’a Puta « .

Et jusqu’à nos jours ces montagnes s’appellent ainsi.

Cette légende a été contée par :

Tetuarii à Papai,

2ème Maire de Afareaitu (Moorea), à son fils adoptif : Charles T. MANUTAHI.

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Visite du Musée de Tahiti et ses îles avec la 4è Pacifique

Posté par rainbowoman le 8 octobre 2009

Ia ora na, Manava e Maeva

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Je vous présente ma classe : la 4è Pacifique (Patitifa) semblable aux classes européennes, mais version locale. Ici avec le conservateur du Musée, Mr HIQUILY Tara

Je suis fière de vous les présenter car ils ont été capables d’interompre leurs vacances pour une visite riche d’enseignements culturels.

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lors de la visite de l’ExpositionMANGAREVA 

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Mangareva ou Ma’areva

Il faut savoir que toutes les pièces exposées représentant les anciens dieux Mangaréviens, n’appartiennent plus aux Polynésiens mais aux différents musées qui les ont acquises :( (( – Ce sont ces quelques pièces qui ont été sauvés des des “bûchers aux idoles” entre 1835 et 1838 à Mangareva.

En tout ce sont 12 pièces sauvées. Malheureusement, 2 manqueront à l’appel. Une appartenant au Musée de NewYork et la Deuxième appartenant au Bishop Museum :( (( pour une histoire d’assurance etc … empêchant ainsi leur présence sur le sol qui les aura crée … Je trouve cela vraiment désolant car il faut savoir le le Bishop Musuem se trouve à Hawaii … hawaiiens et polynésiens appartiennent à un même peuple … 

Les pièces sont arrivées du Quai Branly où elles ont également fait  l’objet d’une exposition.

La visite a commencé par une présentation de l’Archipel des Gambiers, sa situation géographique, sa faune, sa flore, la religion, à savoir que Mangareva possède la plus grande Cathédrale de toute la Polynésie Française, sa culture perlière (les plus belles perles viennent de Mangareva) mais aussi des effets des essais nucléaires, puisque Mangareva était l’île habitée la plus proche de Moruroa. Aujourd’hui, il est interdit aux mangaréviens de consommer le poisson du lagon :( (( quelle tristesse !!!

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Puis on nous a dirigé vers la salle des contes :) )) les 2 conteurs : Corinne et Aimeho où nous avons pu entendre deux légendes : celle de TAHAKI, héros de la mythologie polynésienne mais important à Mangareva et celle du Requin de Mangareva …. un pur moment de bonheur :) ))

 

La 3ème partie de la visite de l’Exposition a porté sur la vie culturelle des mangaréviens avant l’arrivée des Européens avec présentation d’objets uniques et quelques esquisses, représentant l’arrivée des Européens, par eux-mêmes.

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Voici celui par qui tout arriva …

RONGO

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RONGO a été découvert par le nouveau conservateur du Musée Henri-Martin de Cahors, Laurent Guillaut en 2004.

RONGO dormait depuis 170 ans dans la sacristie du palais épiscopal qui abrite le muséé. Cette pièce avait d’abord été attribué à la Nouvelle-Calédonie. Vous pourrez lire à la fin de la page l’interview de Mr Guillaut.

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Ici, c’est TU, dieu de l’arbre à pain.

 Contrairement aux autres « tikis » du Pacifique, ceux-ci sont  esthétiquement différentes car le corps est relativement réaliste.

194pxtakaii.jpg  Tiki marquisien

 

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Cet servait de promontoire pour les offrandes … 

Sa conception est telle qu’il était impossible à quelques animaux de pouvoir atteindre la nourriture offerte aux dieux.

 

 

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Laurent GUILLAUT et Philippe PELTIER, respectivement Conservateurs du Musée de Cahors et du Quai Branly

 

 

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 Philippe PELTER en compagnie d’un personnage important de la culture Mangarévienne, Mr Dany PAHERO, très très ému :)

A côté d’eux, un TAMBOUR SACRE le « PAHU » servant aux cérémonies religieuse. C’est le seul « PAHU » mangarévien au monde !

Tout autour de l’instrument ont été tirés des tresses faites à partir de fibres de coco !!! la fibre de coco est très très fine et d’une longueur maximale de 20cm … vous imaginez le travail !!! Il a été daté en 1650 et 1835.

Le Musée du Quai Branly a accepté de prêter cet objet lui appartenant à la Polynésie Française. Il restera désormais ici.
Merci !

Ce tambour vertical est “taillé dans un tronc de Thespesia populnea (miro)”, “il mesure 127,5 cm de haut et 27,5 cm de diamètre” et “sa caisse de résonance, en partie évidée et de forme cylindrique, est recouverte par une membrane en peau de requin fixée par un laçage complexe”, écrit l’archéologue Catherine Orliac dans le catalogue de l’exposition.

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Ce que les élèves ont pu voir ce jour-là, c’est tout simplement une très infime partie de leur HISTOIRE, leur patrimoine, auquel il ne reste pratiquement plus rien. La société polynésienne n’a été découverte que très récemment, lorsqu’on la compare à d’autres civilisations, (même si, du côté de l’Amazonie, on en découvre encore un certain nombres) – par exemple que les missionnaires anglais sont arrivés en 1795 et que quelques années plus tard, l’Ecriture est apparue dans nos îles … Ces 2 siècles ont malheureusement suffis pour une destruction massive des représentations en tous genres de l’ancienne religion polynésienne polythéïste. Tous ces « idoles » ont été brûlés. Les temples « marae » ont été saccagés et détruits. 

img1797.jpg Quelques élèves et le conteur Aimeho

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 Retour en ville. On attend le « TRUCK » au bord de la route …

Les élèves ont été très enchantés de ces quelques heures passées au Musée ! Ouf !!

 

 

 

Laurent Guillaut (à gauche) Conservateur du musée Henri-Martin de Cahors mang1.jpg
“Cette statue dormaitàCahors depuis 170 ans !”

Dans quelles circonstances avez-vous découvert la statueRongo au Musée de Cahors ?
“En septembre 2000, quand j’ai pris mes fonctions là-bas, j’ai découvert, par hasard dans la sacristie du palais épiscopal qui abrite le musée, quelques objets océaniens,des Australes, de Fidji et puis une curieuse sculpture très belle, étrange et fascinante qui portait un numéro 59 sur la poitrine. J’ai regardé dans les cataloguesde 1883 et cette sculpture était attribuée à la Nouvelle-Calédonie.”
Cela vous a interpellé ?
“Oui, j’étais étonné de cette attribution et j’ai contacté une amieconservatrice actuellement à Rochefort et qui m’a conseillé deconsulter des livres portant sur l’art océanien, car elle supposaitque j’avais trouvé quelque chose de tout-à-fait exceptionnel !”
Depuis combien de temps, cette statue se trouvait-elle là ?
“Elle est arrivée avec le lieutenant de vaisseau Bonafous-Muratcommandant de la flotte du Pacifique et qui n’a jamais visité lesGambier, car basé à Valparaiso en 1834, avant même l’arrivée desmissionnaires dans l’archipel des Gambier. Cette statue dormait à Cahors depuis 170 ans !
Qu’avez-vous fait ?
“Cet objet m’a totalement habité, on l’a analysé, découvert qu’il était en bois de rose, on a analysé également les fibres du pagne,confirmant sa provenance des Gambier. Cinq ans plus tard, en 2005, j’ai convaincu la municipalité de m’envoyer en mission dans l’archipel ; je suis parti avec un ami plasticien pour essayer de retrouver des traces… C’est à cette occasion que j’ai rencontré Jean-Marc et Tara du musée de Tahiti et ses îles et que ce projet a pu ainsi voir le jour.”
Que ressentez-vous aujourd’hui, en la voyant dans cette salleà Tahiti ?
“C’est une étape extraordinaire… Ce qui est très intéressant, c’est que les habitants de Cahors se sont approprié cette statue, c’est l’une des plus belles pièces du musée. Je pressens, avec l’arrivée des Mangaréviens, que cela va créer de nouvelles relations et notamment sur le rôle des musées, mais aussi de l’art. Il y a un lien très poétique, mais aussi très réel. Nous sommes dans une réalité qui nous fait plaisir.”
C’est émouvant ?
“Oui, peut-être plus que lorsque j’ai vu les statues au musée du Quai Branly. Les objets étaient là, un peu froids”…
Ils n’habitaient pas les lieux, comme ici ?
“Oui, tout-à-fait. Ici, ces objets prennent un sens évident et nouveau, beaucoup plus fort pour moi.”
Ce sera difficile de la voir repartir ?
“Je pense que les expositions laissent des traces, oui, ce sera difficile, mais, les liens resteront. Pour les habitants de Cahors, c’est important aussi, car la force de cette exposition retoutnera là-bas et viendra encore enrichir ce patrimoine devenu commun.”
Propos recueillis par DJ (La Dépêche de Tahiti)

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La danse de l’oiseau, légende Marquisienne

Posté par rainbowoman le 2 octobre 2009

Dans la vallée de HATIHEU, Tahiatemata la sœur du grand chef des Taipi vient de mourir.

Toute la tribu est réunie pour célébrer solennellement les funérailles.

Chacun sait que l’esprit d’un défunt dispose de trois jours pour quitter définitivement son corps. Ce délai est mis à profit pour rappeler tous les plaisirs de la vie.

C’est ainsi que le dernier jour, la belle jeune femme choisit d’exécuter le Hakamanu, la danse de l’oiseau.

La mélopée du chœur des femmes l’accompagne dans ses mouvements.

Les gens de la vallée sont pétrifiés : la grâce et la majesté de Tahiatemata n’ont à leurs yeux jamais été égalées par aucune autre danseuse de la tribu.

Seulement, lorsque la dernière note du Hakamanu s’éteint, l’esprit de la belle s’envole sur un rayon de soleil, ne laissant à l’assistance que son corps qu’il faut maintenant sécher et enduire de  » pani  » et d’autres huiles odorantes.

Comme toutes les âmes des habitants de la Terre des Hommes, celle de la danseuse part vers le cap  » kiukiu « , au levant de l’île de Hiva-Oa.

A ce même moment, dans la baie de  » Puama’u « , à Hiva-Oa justement, un jeune pêcheur assis sur un rocher au bord du rivage lance sa ligne et la ramène.

Les vagues viennent se briser sur les galets, et lorsqu’elles repartent vers le large, une image de plus en plus nette se dessine sur le sable aux pieds du pêcheur : elle a la forme humaine !

Alors, à la manière d’un oiseau qui rassemble ses ailes pour son envol, Hi’imoana le pêcheur saisit dans ses bras l’image de sable déposée par la mer

Elle vient toute entière : c’est une femme merveilleuse !

Il la porte à son  » ha’e « , la baigne et lui porte les fleurs les plus rares.

Déjà il sait qu’il l’aime…

Bientôt un fils va naître et grandir aux côtés de Hi’imoana et de la femme étrange. Ils vont l’appeler Poena’iki

Quelquefois, la mère raconte à son enfant l’histoire de sa famille qui règne à Nuku-Hiva dans la vallée de Hatihe’u, sur le peuple de Taipi

Poena’iki a dix ans.

Curieux de connaître le berceau de ses ancêtres, il décide de se joindre à un parti de jeunes guerriers de Puama’u pour une expédition de chasse à l’homme le long des rivages de la lointaine île rivale.

Hélas, les navigateurs manquent d’expérience.

Ils tournent autour de Nuku-Hiva, abordent au mauvais endroit, se font prendre et manger par les hommes de Hatihe’u.

Seul le jeune garçon est épargné ; mais on le jette dans une fosse à  » ma « .

Un minuscule orifice, juste assez large pour la bouche et le nez, lui est laissé entre les pierres…

Le pauvre enfant se lamente sans cesse, criant son nom et celui de sa mère avec désespoir.

Un jour, un grand  » toa  » tend l’oreille aux lamentations du prisonnier et croît reconnaître le nom de la sœur de son chef, morte depuis longtemps

Il court vers le  » hakaiki « 

-  » Uhutete, as-tu autorisé quelqu’un à porter le nom de ta sœur défunte ?

- Bien sûr que non ! Pourquoi ?

- Je l’ai entendu prononcer par le jeune captif. Il prétend que c’est sa mère.

- C’est impossible ! Qu’on aille le chercher ! « 

Le  » toa  » exécute l’ordre et amène Poena’iki

-  » Si tu es le fils de cette femme, tu dois reconnaître son corps « 

Deux hommes robustes apportent la pirogue dans laquelle gît le cadavre desseché et le présent à l’enfant.

Celui-ci, éperdu, reconnaître sa mère dans la  » vaka tupapa’u « .

-  » Alors, dit le chef Uhutete, si cette femme qui à ma connaissance n’a jamais enfanté est ta mère, elle a dû t’enseigner un rite particulièr qu’elle seule était en mesure d’exécuter « .

Poena’iki ne sait pas ; sa mère ne lui a rien révélé de pareil

On le remet dans la fosse

Pendant ce temps, à Hiva-Oa, dans la vallée de Puama’u, les parents s’inquiètent du sort de leur fils et le père décide de partir à sa recherche.

Alors, Tahiatemata, sentant le moment venu de dévoiler sa vraie nature, raconte :

-  » Je suis une âme errante. Je n’ai pas accepté en son temps d’aller rejoindre les autres  » kuhane  » dans le  » havaiki  » des morts ; j’aimais trop la vie ! C’est pour cela que tu m’as trouvé sur la plage. Avant que tu partes chercher notre fils, je vais t’enseigner le ‘hakamanu « . Moi seule en connais les gestes et la grâce qui en est capable de plonger les hommes et les femmes dans le plus grand émerveillement « .

C’est ce qu’elle fait.

E t Hi’imoana, plus amoureux que jamais, il part pour l’île de Nuku-Hiva sans savoir qu’il ne reverra plus jamais Tahiatemata vivante.

Vaste est l’océan pour l’homme solitaire…

La voile et la pirogue unissent longtemps leurs efforts pour mener le pêcheur jusqu’à la baie de Hatihe’u.

Une feuille de  » ‘auti  » brandie en signe de paix, il arrive devant le  » haka’iki « .

Uhutete lui présente le corps desséché dans le  » vaka tupapa’u  » et lui dit :

-  » Tu prétends que ma sœur morte est ta femme. Tu affirmes être le père du prisonnier. Prouve-le ! « .

Hi’imoana, brisé d’émotion mais fort de son secret, demeande qu’on le libère son fils et que l’on convoque le femmes qui chantent le  » hakamanu « .

A Hatihe’u, sur le grand  » tohua  » de Hikoku’a, les voix entament la mélopée, et le père exécute avec la justesse et la grâce enseignée par sa femme.la merveilleuse danse de l’oiseau devant l’assistance médusée.

-  » Qu’on apporte à manger à mon neveu et à mon beau-frère !  » parvient seulement à dire Uhutete…

La nuit était maintenant tombée sur la baie de Taiohae.

Teikikeuhina, le chef de danse, se leva du  » paepae  » Pikivehine, pour rejoindre les tambours et les danseurs qui l’appelaient. Il avait entendu Mokohe la frrégate : il allait faire renaître la danse légendaire.

De Nuku-Hiva à Ua-Pou, de la pirogue des jeunes guerriers à la pirogue cercueil, entre le monde des vivants et des morts, la danse de l’oiseau c’est la danse de l’amour et de la vie sur la Terre des Hommes….

 

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« La danse de l’oiseau » – Photo trouvée sur le net

Vocabulaire

Hatihe’u : une des vallée de Nuku-Hiva
Nuku-Hiva : la capitale des îles Marquises
Haka’iki : Le chef de la tribu
Hakamanu : danse de l’oiseau
Pani : Huile odorante
Puama’u : une des vallées de Hiva-Oa
Ha’e : maison
Ma : une fosse
Toa : Un guerrier
Vaka tupapa’u : une pirogue cerceuil
Tohua : Terrain

 

En juin 1989, au premier festival des arts des îles Marquises,  le groupe de Nuku-Hiva réinvente le HAKAMANU oublié depuis près d’un siècle

 

http://www.dailymotion.com/video/x3iw1z   marquise3.jpg

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La légende de l’arbre à pain

Posté par rainbowoman le 21 avril 2009

 

La légende de l’arbre à pain (Te ‘a’ai ‘o te tumu ‘uru)

Nomar9657arbeapain.jpghoari’i était le roi [à cette époque-là]

Le père du « uru » s’appelle Ruata’ata.

Il était originaire de Ra’iatea. Son « marae » est « Toapuhi ». Son épouse, Rumauarii. Son « marae » se nomme « Ahunoa ».

Leurs quatre enfants naquirent.

Vint une époque où le pays fut touché par la famine. On ne mangeait plus que de la terre rouge. Ruataata et sa femme eurent pitié de leurs enfants qui mourraient de faim. Alors ils les prirentet les emmenèrent à l’intérieur des terres, dans une petite grotte où ils demeurèrent et mangèrent des fougères.

Un soir, Ruataata annonça à sa femme :

« Rumauarii ! Demain, lorsque tu te réveilleras , tu sortiras [de la grotte] , tu regarderas mes mains, ce seront des feuilles de « uru« , tu regarderas le tronc et la fourche de l’arbre, ce seront mon corps et mes jambes, tu regarderas les fruits ronds, ce sera du « uru », issu de ma tête. Et le coeur du fruit, ce sera ma langue. Tu le prendras et le cuiras. Tu le pèleras, tu le battras pour rendre la chair compacte, tu retireras le coeur, tu nourriras nos enfants jusqu’à ce qu’ils soient bien repus ».

Ruataata sortit. Son épouse demeura perplexe dans la grotte auprès des enfants.

Au petit jour, la femme se leva, sortit, leva les yeux et vit que l’endroit était tout ombragé par un bel arbre.

Tout ce que son mari avait annoncé était là et des « uru » mûrs étaient tombés au pied de l’arbre.

Depuis ce jour, cette petite vallée reçut le nom de Tuauru. La femme comprit alors le sens des paroles de son mari. Avec chagrin, elle prit délicatement ces fruits, les cuisit au feu de bois, et lorsqu’ils furent à point, elle les porta au bord de la rivière et suivit les instructions données par son mari. Elle nourrit ses enfants et en mangea elle-même.

Cette nourriture n’avait cependant pas été étrennée par le roi comme le voulait l’usage.

Un jour, les serviteurs du roi partirent à l’intérieur des terres dans ce fond de la vallée pour pêcher l’anguille, la chevrette et le goujon. Ils virent alors le coeur et la peau du « uru » qui avaient dérivé dans les flots. Ils les pêchèrent et mangèrent les restes de chair qui étaient dessus. Ils dirent :

- »C’est une nourriture délicieuse ! Mais d’où provient-elle ? »

Ils cherchèrent alors où se trouvait cette nourriture, remontèrent tout au fond de la vallée, parvinrent dans cette gorge, et là, le port majestueux de ce « uru » leur apparut.

La femme se tenait à côté. Ils lui demandèrent :

« - Quel est cet arbre ? »

La femme répondit :

« - C’est du « uru ». « 

« -Où te l’es-tu procuré ? »

« - Ceci vient de mon époux, Ruataata qui s’est transformé en « uru » à cause des pleurs de nos enfants privés de nourriture en cette époque de disette. »

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L’arbre à pain et ses fruits                                                       Un  » ‘uru  » cuit

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Ruataata : [rouata?ata] . Il faut décomposer le mot – Rua : deux – ta’ata : personne.

Nohoarii : noho : demeurer, rester – arii : roi .

Ra’iatea : ancien nom : « HavaikiNui » – Ra’iatea est une des îles de l’archipel de la Société. Cet archipel se divise en deux groupes d’îles : les îles du Vent dont fait partie Tahiti et Moorea, et les îles Sous-le Vent : Bora-Bora, Ra’iatea, Huahine, Maupiti. Ra’iatea est le berceau de la civilisation polynésienne, car selon les légendes, toutes les îles du Pacifique sont nées à partir de Ra’iatea.

Marae : temple à ciel ouvert, construit avec des pierres. Avant l’arrivée des missionnaires protestants, toutes les cérémonies religieuses avaient lieu sur les « marae ».  Il y a 5 classes de « marae », dont l’unique « marae » dit international situé à Ra’iatea, dans commune de ‘Opoa appelé : Le marae TAPUTAPUATEA. Une île « naissait » lorsque son « marae » était bâti à partir d’une pierre issue du marae Taputapuatea. Taputapuatea était LE marae car on y adorait le dieu « ORO », fils du dieu créateur du monde polynésien, Ta’aroa. ‘Oro était le dieu de la Guerre et de la Fécondité. La population le craignait.

« Cette nourriture n’avait cependant pas été étrennée par le roi comme le voulait l’usage » : en effet, il était d’usage que tous les premiers fruits et légumes devaient être consommés en premier par le Roi. 

…………………………

Vous écoutez la version chantée de la légende en tahitien ! m a g n i f i q u e !! j’ai retrouvé ça et je suis trop heureuse : cette version date des années 60 !! il n’y en a pas d’autre !

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