La légende de Ruahatu, dieu de l’océan

Posté par rainbowoman le 3 octobre 2009

IA ORA NA, MANAVA E MAEVA

logooff.jpg

 

La légende de Ruahatu

 

Bien longtemps après la création du monde, vivaient à Opoa dans l’île de Raiatea deux hommes : « Te aho roa » (grand souffle) et « Ro’o » (renommée), son ami.

Un jour, tous deux partirent pêcher dans la passe d’Uturoa près du « To’a marama »(roche de la lune). Leur pêche était fructueuse, mais par mégarde ils lancèrent leurs lignes dans la grotte de corail où habitait « Ruahotutinirau », Dieu de l’océan.

Un des hameçons tomba sur la tête du Dieu. Lorsque « Ro’o » et « Teahoroa » remontèrent leurs lignes, ils virent apparaître « Ruahotu » dont les cheveux étaient pris dans l’hameçon et qui leur annonça une vengeance terrible : « Raiatea sera détruite toute entière, submergée par la montée de la mer ».

Les deux hommes retournèrent rapidement chez eux et firent embarquer dans leurs pirogues tous ceux de leur famille qui voulurent bien donner foi à l’incroyable nouvelle. Ils emmenèrent également un couple de chaque animal qui vivait dans l’île : cochon, chien, coq…

Sous le commandement de la princesse « Airaro », chérie des Dieux de la mer, ils partirent sur le « motu To’a marama ».

Bientôt l’eau bouillonnante se mit à monter, et même le mont « Temehani » fut recouvert.

Seul leur îlot fut épargné grâce au pouvoir de la princesse « Airaro ». Alors ils tombèrent tous dans un profond sommeil.

Le matin, à leur réveil, ils s’aperçurent que l’eau retournait à l’océan.

La famille royale et la population épargnée repeuplèrent le pays qui retrouva également son manteau de verdure.

 

 

ruahatuparbobby.jpg

Ruahatu, dieu de l’Océan, par Bobby 

 

 

Publié dans LEGENDES POLYNESIENNES | Pas de Commentaire »

if (typeof OA_show === "function") OA_show('b300'); // ]]> -->

La danse de l’oiseau, légende Marquisienne

Posté par rainbowoman le 2 octobre 2009

Dans la vallée de HATIHEU, Tahiatemata la sœur du grand chef des Taipi vient de mourir.

Toute la tribu est réunie pour célébrer solennellement les funérailles.

Chacun sait que l’esprit d’un défunt dispose de trois jours pour quitter définitivement son corps. Ce délai est mis à profit pour rappeler tous les plaisirs de la vie.

C’est ainsi que le dernier jour, la belle jeune femme choisit d’exécuter le Hakamanu, la danse de l’oiseau.

La mélopée du chœur des femmes l’accompagne dans ses mouvements.

Les gens de la vallée sont pétrifiés : la grâce et la majesté de Tahiatemata n’ont à leurs yeux jamais été égalées par aucune autre danseuse de la tribu.

Seulement, lorsque la dernière note du Hakamanu s’éteint, l’esprit de la belle s’envole sur un rayon de soleil, ne laissant à l’assistance que son corps qu’il faut maintenant sécher et enduire de  » pani  » et d’autres huiles odorantes.

Comme toutes les âmes des habitants de la Terre des Hommes, celle de la danseuse part vers le cap  » kiukiu « , au levant de l’île de Hiva-Oa.

A ce même moment, dans la baie de  » Puama’u « , à Hiva-Oa justement, un jeune pêcheur assis sur un rocher au bord du rivage lance sa ligne et la ramène.

Les vagues viennent se briser sur les galets, et lorsqu’elles repartent vers le large, une image de plus en plus nette se dessine sur le sable aux pieds du pêcheur : elle a la forme humaine !

Alors, à la manière d’un oiseau qui rassemble ses ailes pour son envol, Hi’imoana le pêcheur saisit dans ses bras l’image de sable déposée par la mer

Elle vient toute entière : c’est une femme merveilleuse !

Il la porte à son  » ha’e « , la baigne et lui porte les fleurs les plus rares.

Déjà il sait qu’il l’aime…

Bientôt un fils va naître et grandir aux côtés de Hi’imoana et de la femme étrange. Ils vont l’appeler Poena’iki

Quelquefois, la mère raconte à son enfant l’histoire de sa famille qui règne à Nuku-Hiva dans la vallée de Hatihe’u, sur le peuple de Taipi

Poena’iki a dix ans.

Curieux de connaître le berceau de ses ancêtres, il décide de se joindre à un parti de jeunes guerriers de Puama’u pour une expédition de chasse à l’homme le long des rivages de la lointaine île rivale.

Hélas, les navigateurs manquent d’expérience.

Ils tournent autour de Nuku-Hiva, abordent au mauvais endroit, se font prendre et manger par les hommes de Hatihe’u.

Seul le jeune garçon est épargné ; mais on le jette dans une fosse à  » ma « .

Un minuscule orifice, juste assez large pour la bouche et le nez, lui est laissé entre les pierres…

Le pauvre enfant se lamente sans cesse, criant son nom et celui de sa mère avec désespoir.

Un jour, un grand  » toa  » tend l’oreille aux lamentations du prisonnier et croît reconnaître le nom de la sœur de son chef, morte depuis longtemps

Il court vers le  » hakaiki « 

-  » Uhutete, as-tu autorisé quelqu’un à porter le nom de ta sœur défunte ?

- Bien sûr que non ! Pourquoi ?

- Je l’ai entendu prononcer par le jeune captif. Il prétend que c’est sa mère.

- C’est impossible ! Qu’on aille le chercher ! « 

Le  » toa  » exécute l’ordre et amène Poena’iki

-  » Si tu es le fils de cette femme, tu dois reconnaître son corps « 

Deux hommes robustes apportent la pirogue dans laquelle gît le cadavre desseché et le présent à l’enfant.

Celui-ci, éperdu, reconnaître sa mère dans la  » vaka tupapa’u « .

-  » Alors, dit le chef Uhutete, si cette femme qui à ma connaissance n’a jamais enfanté est ta mère, elle a dû t’enseigner un rite particulièr qu’elle seule était en mesure d’exécuter « .

Poena’iki ne sait pas ; sa mère ne lui a rien révélé de pareil

On le remet dans la fosse

Pendant ce temps, à Hiva-Oa, dans la vallée de Puama’u, les parents s’inquiètent du sort de leur fils et le père décide de partir à sa recherche.

Alors, Tahiatemata, sentant le moment venu de dévoiler sa vraie nature, raconte :

-  » Je suis une âme errante. Je n’ai pas accepté en son temps d’aller rejoindre les autres  » kuhane  » dans le  » havaiki  » des morts ; j’aimais trop la vie ! C’est pour cela que tu m’as trouvé sur la plage. Avant que tu partes chercher notre fils, je vais t’enseigner le ‘hakamanu « . Moi seule en connais les gestes et la grâce qui en est capable de plonger les hommes et les femmes dans le plus grand émerveillement « .

C’est ce qu’elle fait.

E t Hi’imoana, plus amoureux que jamais, il part pour l’île de Nuku-Hiva sans savoir qu’il ne reverra plus jamais Tahiatemata vivante.

Vaste est l’océan pour l’homme solitaire…

La voile et la pirogue unissent longtemps leurs efforts pour mener le pêcheur jusqu’à la baie de Hatihe’u.

Une feuille de  » ‘auti  » brandie en signe de paix, il arrive devant le  » haka’iki « .

Uhutete lui présente le corps desséché dans le  » vaka tupapa’u  » et lui dit :

-  » Tu prétends que ma sœur morte est ta femme. Tu affirmes être le père du prisonnier. Prouve-le ! « .

Hi’imoana, brisé d’émotion mais fort de son secret, demeande qu’on le libère son fils et que l’on convoque le femmes qui chantent le  » hakamanu « .

A Hatihe’u, sur le grand  » tohua  » de Hikoku’a, les voix entament la mélopée, et le père exécute avec la justesse et la grâce enseignée par sa femme.la merveilleuse danse de l’oiseau devant l’assistance médusée.

-  » Qu’on apporte à manger à mon neveu et à mon beau-frère !  » parvient seulement à dire Uhutete…

La nuit était maintenant tombée sur la baie de Taiohae.

Teikikeuhina, le chef de danse, se leva du  » paepae  » Pikivehine, pour rejoindre les tambours et les danseurs qui l’appelaient. Il avait entendu Mokohe la frrégate : il allait faire renaître la danse légendaire.

De Nuku-Hiva à Ua-Pou, de la pirogue des jeunes guerriers à la pirogue cercueil, entre le monde des vivants et des morts, la danse de l’oiseau c’est la danse de l’amour et de la vie sur la Terre des Hommes….

 

fdansedeloiseau61.jpg

« La danse de l’oiseau » – Photo trouvée sur le net

Vocabulaire

Hatihe’u : une des vallée de Nuku-Hiva
Nuku-Hiva : la capitale des îles Marquises
Haka’iki : Le chef de la tribu
Hakamanu : danse de l’oiseau
Pani : Huile odorante
Puama’u : une des vallées de Hiva-Oa
Ha’e : maison
Ma : une fosse
Toa : Un guerrier
Vaka tupapa’u : une pirogue cerceuil
Tohua : Terrain

 

En juin 1989, au premier festival des arts des îles Marquises,  le groupe de Nuku-Hiva réinvente le HAKAMANU oublié depuis près d’un siècle

 

http://www.dailymotion.com/video/x3iw1z   marquise3.jpg

Publié dans LEGENDES POLYNESIENNES | Pas de Commentaire »

Te ‘a’ai no te Tiare Apetahi

Posté par rainbowoman le 15 juillet 2009

                  I Ra’iatea, tē vai ra te hō’ē tiare ta’a’ē roa, inaha,e’ita ‘oia e tupu haere noa i te mau vāhi ato’a. ‘E taua tiare ra, ‘o te Tiare ‘Apetahi ia. I ni’a noa ‘oia i te mou’a ra ‘o Temehani e tupu ai. Ua tāmatahia i te tanu i te vāhi ‘ē atu. E mea faufa’a ‘ore : e’ita e tupu !  E tiare ‘ē roa ato’a ho’I te Taire ‘Apetahi : e’erer tōna ‘ūa’a mai tō te mau tiare ato’a : e mea ‘uo’uo ‘ ni’a iho, e mea matie ‘o raro a’e. E tiare maere rahi te Tiare ‘Apetahi : e hoho’a rima ta’ata tōna. Teie tōna ‘ā’ai.

             I te hō’ē tau, tē parahi ra te hō’ē ta’ata e tāna vahine i ni’a i te mou’a Temehani. ‘O Tunui te tāne ‘e ‘o Heia te vahine. E orara’a ‘oa’oa tō rāua Tunui mā i tō rāua pārahira’a i Temehani. I te hō’ē mahana, ua vaiiho ‘o Tunui i tāna vahine, nō te hō’ē tere i Tahiti. Hou ‘oia ‘a reva ai, ‘ua parau atu ‘oia ‘ē :

« - E ta’u here iti ē ! ‘e pārahi iho ‘oe i ‘ō nei. Tē reva nei au i Tahiti. E’ita vau e maoro, e fārerei fa’ahou tāua. ‘A pārahi iho ! »

            Ua ti’aturi ‘o Heia ē, e’ita ihoā ‘oia e maoro i Tahiti. ‘A tia’i rra te vahine ia ho’i mai te hoa !! ‘A pō ia mahana … ‘a ao ia pō … ‘e, ‘ a pau ia ‘āva’e … ‘Aita nei ā i ho’i mai !! 

            Ia ara mai ‘oia i te po’ipo’i, e ‘ohiti ‘ona i te hō’ē tiare pua, nō te poe. Ua nā reira noa ‘o Heia iti, ‘e matahiti atu ra. ‘Aita nei ā ihoā tāna tāne i ho’i mai !!!

            Tae a’e ra i te hō’ē mahana, nō te rahi o tōna pe’ape’a ‘e o tōna ‘oto, ta’i noa a’e ra , ‘ pō noa atu ra, ‘e ‘opua iho ra’oia i te ha’apohe ia na. U ‘ōhiti mai i te hō’ē tiare pua, poe a’era i ni’a i tōna tari’a. Ua ‘ō’oti mai i te piti o te tiare, ‘e haere atu ra i te hō’ē vahi mato tārere, ma te tāpe’a maita’i i tāna tiare, ‘e i reira, ‘ōu’a atu ra i raro mai i taua mato ra. I te vāhi i topa ai ‘oia, ua mo’e roa tōna rima ra, te rima i tāpe’a i te tiare, ‘aita ia i mo’e roa.

             I te vāhi tei reira taua rima nōna ra, ua tupu mai ia, i te hō’ē rā’au iti rau’ere rōroa, ‘e, ua ‘ūa’a mai te hō’ē tiare iti : e mea ‘uo’uo ‘o roto, e mea matie ‘o rāpae.

             ’E te huru ‘o taua tiare ra, e hoho’a ia no te rima ta’ata, te rima ‘o Heia. Ua topahia tōna i’oa : TIARE ‘APETAHI.

 

ph2144.jpg


 

            

Publié dans LEGENDES POLYNESIENNES | Pas de Commentaire »

Te ‘a’ai no te Tiare Apetahi (2)

Posté par rainbowoman le 15 juillet 2009

     « I te matamua, te ora ra e piti na ta’ata, ho’e tane, e ho’e vahine.
    No tona  hina’aro e haere e tautai, ‘opua iho ra ‘oia e vaiiho i tana vahine i te fare.

    Tupu a’e nei te ho’e tatama’i i rotopu ia raua. Ho’i mai nei te hau i rotopu ia raua, haere atu ra te tane i te tautai.

    Opua a’e nei ‘Apetahi, te vahine, e pa’iuma i ni’a i te mou’a Temehani. I reira, noa atu te ‘una’una o te fenua, rahi roa a’e tona ‘oto. Fa mai nei te mana’o e ha’apohe ia na. Heru a’e ra ‘oia i te ho’e ‘apo’o, taumi iho ra i tona rima ‘aui i ni’a i te ho’e ‘ofa’i no te tapu ‘e atu i tona ria, tu’u atu ra i tona rima ‘aui i roto i te ‘apo’o hou a pohe atu ai.

    Matahiti i muri mai, i te vahi i reira te vahine i tanu ai i tona rima, ua tupu mai te ho’e tumu ra’au e te hotu nei te mau tiare teatea nehenehe mau i ni’a iho..

    I te ho’e mahana, ‘imi a’e ra te nuna’a o Tevaitoa i te mau ‘ofe e, ta’oto a’e nei ratou i tera ra ru’i i piha’i iho i taua tumu ra’au ra. I te po’ipo’i, ara a’e nei ratou no te ho’e maniania hitima’ue. O te maniania o te mau tiare tei ‘ua’a, ho’e a hoho’a e te rima ta’ata.

    Maramarama a’e nei ratou e, o te rima o ‘Apetahi teie e topa iho ra ratou i te i’oa « Tiare ‘Apetahi ».

    Pa’iuma atu ra Averii te tane, i ni’a ite mou’a no te ‘ofati i te ho’e tumu e no te tanu atu i mua i tona fare no te ha’amana’o i tana vahine, aore ra te tumu i hotu.

    Mai taua mahana ra, rave rahi mau ta’ata tei tamata e tanu i te Tiare ‘Apetahi i tetahi atu vahi, e ‘aore ihoa taua tiare i hotu noa a’e.

    E vai tamau noa te Tiare ‘Apetahi i ni’a i te mou’a Temehani a tau a hiti noa atu. »  250pxtiareapetahi.jpg

Cette autre version de la légende de la fleur ‘Apetahi, raconte qu’une femme prénommée ‘Apetahi se serait réfugiée sur le mont Temehani suite à une violente dispute avec son époux Averii. Seule et envahie d’une grande tristesse, elle aurait voulu se donner la mort. Après avoir creusé un trou, elle se coupa le bras gauche d’un geste désespéré et l’enterra avant de mourir tragiquement. Plusieurs années passèrent avant qu’un arbuste paré de belles fleurs blanches ne pousse sur cet emplacement. Des habitants des environs, à la recherche de bambous sur le mont Temehani passèrent justement la nuit près de l’arbuste. Réveillés par des bruits secs, ces promeneurs observèrent l’étrange éclosion des fleurs blanches dont les pétales semblaient former une main. Le rapprochement fut aussitôt fait entre la fleur et la main de la défunte ‘Apetahi.

En son souvenir, la fleur fut baptisée Tiare ‘Apetahi.

 

 

Publié dans LEGENDES POLYNESIENNES | 2 Commentaires »

La légende de l’arbre à pain

Posté par rainbowoman le 21 avril 2009

 

La légende de l’arbre à pain (Te ‘a’ai ‘o te tumu ‘uru)

Nomar9657arbeapain.jpghoari’i était le roi [à cette époque-là]

Le père du « uru » s’appelle Ruata’ata.

Il était originaire de Ra’iatea. Son « marae » est « Toapuhi ». Son épouse, Rumauarii. Son « marae » se nomme « Ahunoa ».

Leurs quatre enfants naquirent.

Vint une époque où le pays fut touché par la famine. On ne mangeait plus que de la terre rouge. Ruataata et sa femme eurent pitié de leurs enfants qui mourraient de faim. Alors ils les prirentet les emmenèrent à l’intérieur des terres, dans une petite grotte où ils demeurèrent et mangèrent des fougères.

Un soir, Ruataata annonça à sa femme :

« Rumauarii ! Demain, lorsque tu te réveilleras , tu sortiras [de la grotte] , tu regarderas mes mains, ce seront des feuilles de « uru« , tu regarderas le tronc et la fourche de l’arbre, ce seront mon corps et mes jambes, tu regarderas les fruits ronds, ce sera du « uru », issu de ma tête. Et le coeur du fruit, ce sera ma langue. Tu le prendras et le cuiras. Tu le pèleras, tu le battras pour rendre la chair compacte, tu retireras le coeur, tu nourriras nos enfants jusqu’à ce qu’ils soient bien repus ».

Ruataata sortit. Son épouse demeura perplexe dans la grotte auprès des enfants.

Au petit jour, la femme se leva, sortit, leva les yeux et vit que l’endroit était tout ombragé par un bel arbre.

Tout ce que son mari avait annoncé était là et des « uru » mûrs étaient tombés au pied de l’arbre.

Depuis ce jour, cette petite vallée reçut le nom de Tuauru. La femme comprit alors le sens des paroles de son mari. Avec chagrin, elle prit délicatement ces fruits, les cuisit au feu de bois, et lorsqu’ils furent à point, elle les porta au bord de la rivière et suivit les instructions données par son mari. Elle nourrit ses enfants et en mangea elle-même.

Cette nourriture n’avait cependant pas été étrennée par le roi comme le voulait l’usage.

Un jour, les serviteurs du roi partirent à l’intérieur des terres dans ce fond de la vallée pour pêcher l’anguille, la chevrette et le goujon. Ils virent alors le coeur et la peau du « uru » qui avaient dérivé dans les flots. Ils les pêchèrent et mangèrent les restes de chair qui étaient dessus. Ils dirent :

- »C’est une nourriture délicieuse ! Mais d’où provient-elle ? »

Ils cherchèrent alors où se trouvait cette nourriture, remontèrent tout au fond de la vallée, parvinrent dans cette gorge, et là, le port majestueux de ce « uru » leur apparut.

La femme se tenait à côté. Ils lui demandèrent :

« - Quel est cet arbre ? »

La femme répondit :

« - C’est du « uru ». « 

« -Où te l’es-tu procuré ? »

« - Ceci vient de mon époux, Ruataata qui s’est transformé en « uru » à cause des pleurs de nos enfants privés de nourriture en cette époque de disette. »

urufruit.jpg        fruitarbreapain.jpg

L’arbre à pain et ses fruits                                                       Un  » ‘uru  » cuit

fml3nmt1.giffml3nmt1.gif

Ruataata : [rouata?ata] . Il faut décomposer le mot – Rua : deux – ta’ata : personne.

Nohoarii : noho : demeurer, rester – arii : roi .

Ra’iatea : ancien nom : « HavaikiNui » – Ra’iatea est une des îles de l’archipel de la Société. Cet archipel se divise en deux groupes d’îles : les îles du Vent dont fait partie Tahiti et Moorea, et les îles Sous-le Vent : Bora-Bora, Ra’iatea, Huahine, Maupiti. Ra’iatea est le berceau de la civilisation polynésienne, car selon les légendes, toutes les îles du Pacifique sont nées à partir de Ra’iatea.

Marae : temple à ciel ouvert, construit avec des pierres. Avant l’arrivée des missionnaires protestants, toutes les cérémonies religieuses avaient lieu sur les « marae ».  Il y a 5 classes de « marae », dont l’unique « marae » dit international situé à Ra’iatea, dans commune de ‘Opoa appelé : Le marae TAPUTAPUATEA. Une île « naissait » lorsque son « marae » était bâti à partir d’une pierre issue du marae Taputapuatea. Taputapuatea était LE marae car on y adorait le dieu « ORO », fils du dieu créateur du monde polynésien, Ta’aroa. ‘Oro était le dieu de la Guerre et de la Fécondité. La population le craignait.

« Cette nourriture n’avait cependant pas été étrennée par le roi comme le voulait l’usage » : en effet, il était d’usage que tous les premiers fruits et légumes devaient être consommés en premier par le Roi. 

…………………………

Vous écoutez la version chantée de la légende en tahitien ! m a g n i f i q u e !! j’ai retrouvé ça et je suis trop heureuse : cette version date des années 60 !! il n’y en a pas d’autre !

Publié dans LEGENDES POLYNESIENNES | 3 Commentaires »

12
 

CLUBFREEDOM ET REVOLVINGTRAVEL |
Sage-femme au Poste de sant... |
Aventure Libanaise |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | marie à vancouver
| adsvoyages
| Xin Chào Vietnam... Ginett...